Solidarité !
Le 20 avril dernier, le jeune député de la circonscription de Lac-Saint-Jean, Stéphan Tremblay, a provoqué toute une onde de choc sur la colline parlementaire en quittant la Chambre des communes avec son siège de député sous le bras.
Certains ont vu dans ce geste un débordement de naïveté. C'est vrai qu'il est bien jeune, le député Tremblay. Il vient tout juste de fêter ses 25 ans le 11 avril. Encore à l'âge où on se forme le caractère, diront certains. Plutôt à l'âge où l'on regarde vers l'avenir et où l'on s'inquiète de l'héritage laissé par les générations qui précèdent, dirions nous.
Dans son discours à Alma au lendemain de la sortie de son fauteuil de la Chambre des communes, le député Tremblay a très bien résumé la portée de son geste. " Je suis jeune et j'ai le réflexe de projeter dans l'avenir les réalités actuelles. " Et une de ces réalités est l'incapacité des parlementaires (et de notre société) à trouver des solutions devant le fossé grandissant qui se creuse entre les plus riches et les plus pauvres.
Le jeune député a osé traduire en actes et en paroles les inquiétudes de sa génération face à l'avenir. De son confortable fauteuil de parlementaire, le député Tremblay a osé s'interroger sur le fait que 1 500 000 Canadiens de plus, dont 500 000 enfants, aient rejoint les rangs des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Et l'on s'étonnera que l'atmosphère feutrée des salons de la Colline parlementaire n'ait pas eu raison de ce genre de réflexions. Même si le député n'a pas de solution miracle à proposer, il a néanmoins amorcé un processus de solidarité envers les plus démunis. Bravo!
Quand le Premier ministre a été invité à réagir au geste du député Tremblay, il a répondu par une boutade à l'effet que celui-ci ne cherchait qu'à se faire voir à la télévision. Si le geste du député Tremblay est vide de sens aux yeux du gouvernement, peut-être celui-ci devrait-il également s'abstenir de faire des déclarations tout aussi vides de sens. On se rappellera qu'il n'y a pas si longtemps, le gouvernement avait solennellement déclaré qu'il entendait mettre fin à la pauvreté chez les jeunes enfants du Canada d'ici l'an 2000.
Or, lorsque le député Tremblay a sorti son siège de la Chambre des communes le 20 avril pour dénoncer l'écart grandissant entre les riches et les pauvres, le compte à rebours de l'an 2000 indiquait qu'il ne restait plus au gouvernement que 619 jours pour respecter sa promesse solennelle faite à toute une génération de jeunes citoyens de ce pays.
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