Hop! Pouf! Shazam!
Ordre relatif aux délibérations sur le projet de loi intitulé " Loi modifiant la Loi sur le Parlement, la Loi sur les allocations de retraite des parlementaires et la Loi sur les traitements ": dépôt et première lecture; deuxième lecture et renvoi à un Comité plénier; étude en Comité plénier; a fait l'objet d'un rapport sans amendement; adoption à l'étape du rapport; troisième lecture et adoption le 11 juin 1998.
Charabia parlementaire? Non, il s'agit ici d'une procédure d'adoption expéditive d'un projet de loi (C-47) lorsque la belle unanimité parlementaire permet d'expédier rapidement une affaire sur laquelle les membres de la Chambre ne désirent pas s'éterniser ou débattre.
Dans le cas présent, les députés fédéraux ont profité du blitz parlementaire de fin de session pour s'octroyer une augmentation de salaire. En deux temps trois mouvements, hop!, pouf! et shazam!, les salaires grimpent de 2 p. cent. On esquive les questions des journalistes et, dès le lendemain, on vide les bureaux, on fait ses valises et on part en vacances. De retour le 21 septembre.
Il nous semble qu'en agissant de la sorte, les députés ont raté une excellente occasion d'engager un débat sur la valeur de leur travail. Certains diront que les députés sont déjà grassement payés. D'autres jugent au contraire que le salaire des députés est ridiculement bas. Mais qu'en pensent les principaux intéressés? Ont-ils donc si peur de la réaction du public au point d'éviter tout débat sur la question?
Nous croyons que les députés ne devraient pas avoir honte de discuter publiquement de l'importance de leur travail et de la juste rémunération qui devrait y être accordée. Il ne sera pas possible de rehausser l'image des parlementaires tant et aussi longtemps qu'ils continueront à faire les autruches lorsque vient le temps d'en discuter. Si le travail de député n'est pas valorisé et rétribué justement, la Chambre des communes continuera de se priver de personnes talentueuses qui refuseront de s'embarquer dans l'aventure politique. À terme, c'est la qualité des interventions du législateur qui en souffrira.
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